• la vengeance

    Vengeance
    comme tous les soirs  je mangeais devant le télé seul quand la nouille etait pas la. un match de foot ou l'équipe de france se faisait balader une fois de plus passait en prime time comme on dis dans les milieu autorisés.
    mon cassoulet ,réchauffé au micro onde commencait a tiédir , lors que la premiere bouchée fut englouti par ma bouche avide, faut dire que en ce moment je ne mangeais guere beaucoup et le peu de repas se trouvaient expediés a une vitesse fulgurante.
    le vieux chat de la nouille choisi alors cet instant pour bondir sur la table, pile dans l'espace minime qu'il restait entre l'assiette et le vide ,pas grand chose en fait.
     il venait de surgir, esperant un morceau de mon cassoulet qu'il ne mangerait pas comme d'hab, comme seul reponse a sa demande ,je fut aussi prompt que lui quand il a sauté sur la table, et je lui mis un coup de boule, qui l'envoya directement sur le sol ,ou il tomba  du mieux qu'il pu afin d'aller se planquer en titubant derrière un fauteuil poussiéreux.
    quand meme foutre un coup de tete a un chat, ca voulait dire que ce soir la fallait pas me chauffer. chaque soir c'etait pareil, le chat sautait sur la table  pour guetter une nourriture qu'il ne mangerait meme pas.
    ma journée de travail, tout comme la nuit qui s'annonçait  avait été difficile .
     je bossais dans un hopital comme "femme de menage" je lavais les couloirs,tete basse depuis plus de 10 ans ,j'etais un des fantômes de ce maudit hosto.
    de 5 heures du matin a midi trente je nettoyais chiottes et couloirs piétinés par les visites et par les brancards degueulasses des ambulanciers.
    ce boulot me plaisait, j'etais une ombre, un fantome..
    mais ce jour la depuis que j'avais fait le forcing pour me faire embaucher , il y a 10 ans je l'ai croisé, j'ai croisé l'homme qui avait gaché ma vie.
    quand je l'ai vu apparaitre dans le fond du couloir,chose que j'avais espéré depuis toutes ces années,j'ai baissé la tete pour qu'il ne me reconnaisse pas, toute facon j'avais beaucoup changé ,mais meme , j'avais baissé la tete quand il est passé pres de moi  entouré de policiers , il avait les menottes, aux pieds et aux poings, s'etait sa première sortie depuis  plus de 10 ans.
    je ne m'en suis pas voulu de baisser la tete devant lui, il le fallait, mon attente se trouvait enfin récompensée.. devant mon  cet assassin qui avait foutu ma vie en l'air, ne devait pas me reconnaitre, je l'ai suivit du coin des yeux, lui il n'avait pas changé toujours cet air hautain, la tete haute.
    la prison n'avait eu aucune emprise sur lui, le temps semblait n'avoir eu aucun effet sur son corps, peut etre etait il plus costaud, la vision fut trop breve pour  etre une certitude.
    il venait se faire hospitaliser dans la cellule carcerale de l'hopital , au fond de moi cette certitude venait de jaillir,comme un torrent de haine envers cet homme.
    j'avais terminé ma journée plein de joie, la chose qui avait muri en moi pendant 10 ans, sortait en plein jour,comme une jubilation. enfin je pourrait me venger de cet homme, pendant tout ce temps  j'avais élaboré tout les scénarios possibles et imaginables pour me venger de lui.
    mon embauche dans cet hôpital comme simple laveur de chiottes n'etais pas un hasard,tout comme le moindre de mes fait et gestes dans son enceinte.
    je savais ou etait la chambre carcérale, je connaissait les heures de rondes des policiers, les heures de releves et le peu  d'attention qu'ils portaient aux blouses blanches, qu'elles fassent le ménages ou viennent pour soigner.
    pour eux ce malades spécial n'avais pas d'ennemi , pas depuis toutes ces années passées. peut etre meme que ces ennemis étaient dans la prison , ils devaient etre loin de se douter que  le pire ennemi de ce type etait a l'endroit meme ou il venait se faire soigner.
    la journée touchait a sa fin, il fallait que j'aille me coucher.  le chat de ma nouille viendrait se pieuter aussi, il passerait dix minutes a trouver sa position idéale pour dormir, puis se leverait en meme temps que moi, ou pas ,c'etait selon sa flemme actuelle.
    depuis que ma nouille avait été tuée par cet homme plus rien n'avais été comme avant, toute facon ca ne pouvait pas etre autrement, une vie bousillée  etait une vie bousillée, je ne pense pas que ca puisse etre autrement.
    meme au procès de ce malade j'etais resté digne devant son refus d'avouer les faits, il avait pris 15 ans et je pense que bientôt il allait ressortir de taule, libre de recommencer.
    un procès sans bruit ,un proces comme il y en a plein en france, une victime, un assassin ,et une autre victime qui passe ses nuits a pleurer, qui ne mange plus, qui s'enferme dans un monde qu'il n'aurait jamais du connaitre, celui de la noirceur des jours qui passes avec cet impression de cauchemar perpétuel.
    j'avais tenté de me suicider deux jours apres la fin du procès, mais comme je dis toujours ,tout a un sens, et la vie ne veut pas de moi mort.
    si je suis toujours en vie ,dans ce lit c'est qu'il y a une raison ,on a tous une raison et la mienne a pour nom ,vengeance.
    il fallait se lever ,il etait 4 heure du matin, je n'avais pas fermé l'oeil de la nuit ,implorant un hypothétique dieu de m'accorder ma vengeance .
    ce jour la  pendant les dix premières minutes de travail ,j'ai fait comme d'habitude, j'ai laver les chiottes principales, le plus succinctement possible , puis je me suis dirigé vers le 17 eme étages, vers le niveau qui abritais la cellule carcérale.
     a peine dans le couloir avec mon chariot  pour laver les sols j'ai vu deux flics postés devant la chambre, sa chambre...
     en approchant j'ai fait un signe de tete aux deux flics qui attendaient la relève, les yeux plein de fatigue, la mine blanchâtre d'une nuit sans fermer un œil .
    les dommages collatéraux ce grand terme de guerre pour designer les morts fait ,avant ou apres que la cible principale soit touchée furent donc ces deux pauvres flics que j'ai poignardés a la gorge avant qu'ils aient eu le temps de faire autre chose que de sortir leur armes.
    dans un hopital , les blouses blanches ne sont pas dangereuse, desormais je venais de changer tout un système de protection des taulards hospitalisés.
    j'ai ouvert la porte  après avoir pris la clef sur un des flics agonisant,laissant les corps agités des derniers sursaut de vie des policiers dans le couloir ,désormais ,personne ne pouvait plus intervenir  dans le but de ces 10 années de vengeance .
    il etait a moi.
     j'ai allumé la lumière de la chambre et je l'ai vu, les yeux grand ouvert attaché sur le lit .
    il m'a vu plein de sang sur mon uniforme blanc, pendant un instant j'ai cru m'etre trompé de type, mais ca ne pouvait pas etre possible , on n'oublie jamais le visage de celui qui a tué sa vie.
    c'etait bien lui , je l'ai mis a mort sans qu'il ai pu dire un mot, sans que je lui décroche un mot de fin comme dans les films.
    ca n'étais pas un film, pas de hero, pas de triomphe du bien sur le mal , juste un type ivre de douleur qui assassine un meurtrier.
    la boucle était bouclé , ma boucle, mon voyage, il etait temps pour moi de rejoindre ma nouille, j'eus une pensé pour  notre vieux chat qui dormait surement encore sur ses deux oreilles, puis j'ai cassé la fenêtre de la chambre pour sauter.






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